La psychanalyse permet, selon moi, une forme de réparation intérieure très progressive. Elle ne consiste pas à effacer le passé ni à transformer une personne en quelqu’un d’autre.
Ce que permet le travail analytique
La psychanalyse cherche plutôt à comprendre ce qui, dans une histoire, n’a pas pu se construire suffisamment : la confiance, la capacité à symboliser ses émotions, la continuité intérieure, ou encore la possibilité de se sentir sujet de sa propre vie.
Nous sommes tous formés par notre environnement. Les liens précoces, la famille, les séparations, les traumatismes, mais aussi les silences et les attentes de l’entourage participent à la construction de notre monde psychique. Lorsque certaines expériences n’ont pas pu être pensées ou mises en mots, elles peuvent continuer à agir de manière indirecte : dans les relations, les choix, les répétitions, l’angoisse, ou le sentiment de ne jamais être à sa place.
Le travail analytique consiste alors à s’approcher de ces zones avec prudence. Il ne s’agit pas d’imposer une interprétation ni d’appliquer une méthode trop vite. Il faut d’abord qu’une relation suffisamment sécurisante puisse se construire. Cette relation devient un espace où la personne peut progressivement expérimenter autre chose : être écoutée, entendue, reconnue dans sa singularité, sans être immédiatement réduite à un diagnostic ou à une catégorie.

Ce qui amène à consulter
On vient souvent consulter pour une souffrance précise : l’anxiété, des crises d’angoisse ou des attaques de panique, une dépression, un deuil, une séparation, un épuisement professionnel ou un burn-out, des difficultés relationnelles qui se répètent, une dépendance affective, une période de transition, une maladie chronique.
Ces motifs sont une porte d’entrée. Le travail commence par eux, puis cherche à entendre ce qu’ils disent de l’histoire de chacun.
Au-delà du diagnostic
Les diagnostics et les modèles psychologiques peuvent être utiles. Ils permettent de repérer certains fonctionnements et de proposer des pistes concrètes. Mais ils ne disent jamais tout d’une personne. Deux patients peuvent recevoir le même diagnostic et vivre des expériences complètement différentes. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas seulement de savoir ce qu’une personne a, mais de comprendre ce que cela représente pour elle.
Comment vit-elle son anxiété ? Que signifie pour elle son besoin de contrôle ? Que vient exprimer sa difficulté à entrer en relation ? Quelles protections se sont mises en place, et contre quelles expériences ?
Ces questions permettent de passer d’une approche centrée sur l’adaptation à une approche tournée vers l’appropriation de soi.

Le temps de la transformation
S’approprier son histoire ne signifie pas tout accepter ni tout justifier. Cela signifie pouvoir reconnaître ce qui nous a traversés, comprendre certains mécanismes, et retrouver une marge de liberté. Tant qu’un fonctionnement reste inconscient, il peut se répéter. Lorsqu’il devient progressivement pensable, il peut commencer à se transformer.
Cette transformation prend du temps, parce que la psyché n’est pas un mécanisme que l’on règlerait instantanément. Elle est faite de strates, de souvenirs, de défenses et de relations. Les difficultés anciennes sont souvent recouvertes par d’autres expériences. Il faut donc avancer avec attention, en respectant le rythme de la personne et ce qu’elle est réellement capable de rencontrer à un moment donné.
C’est là que la sensibilité devient essentielle. La technique est importante, les connaissances sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Il faut écouter ce qui est dit, et aussi ce qui ne l’est pas encore : les hésitations, les silences, les contradictions, les changements de rythme. La clinique exige de la précision, et une grande souplesse.
Psychothérapie ou psychanalyse
Psychothérapie et psychanalyse ne sont pas la même chose.
La psychanalyse peut advenir au fil d’une relation thérapeutique, mais la frontière entre les deux est difficile à tracer. Elle ne commence jamais au premier rendez-vous : il faut y arriver, si c’est le désir de la personne.
Comment cela se décide ? La question mériterait une thèse. Cela se décide, ou pas. Et généralement, l’analyste comme le patient sentent quand on est en analyse.
Je reçois en face à face ou sur le divan, selon les personnes.
Je propose de préférence une séance par semaine. À ce rythme, j’entends mieux, et la personne s’y retrouve mieux aussi : le fil des séances précédentes se garde, et l’on limite ce qui se perd entre les séances, en temps de vie comme en argent.
Mes références
Aucune approche ne peut prétendre tout expliquer. L’intégration de différents modèles me paraît possible, à condition qu’elle ne soit pas un simple assemblage de techniques : il faut une base théorique suffisamment solide pour que la pensée reste cohérente. Dans mon parcours, cette base est principalement psychanalytique, avec Freud, Lacan, Françoise Dolto et André Green, et l’apport de l’école britannique, notamment Winnicott.
Je m’intéresse aussi à d’autres courants, notamment aux approches humanistes et aux neurosciences. Ils peuvent enrichir la réflexion, à condition de ne pas réduire la personne à son cerveau, à son comportement ou à son diagnostic. La connaissance doit rester au service de la rencontre.
Je ne pratique ni les thérapies cognitivo-comportementales, ni l’EMDR, ni les tests psychométriques : les protocoles très codifiés ne correspondent pas à ma manière de travailler.
Une discipline et une création
La psychothérapie est pour moi à la fois une discipline et une création. Elle repose sur une histoire théorique, des concepts, une expérience clinique, mais chaque accompagnement devient une situation unique, qui se construit entre deux personnes. Il y a une structure, mais elle reste vivante. Il y a une méthode, mais elle s’adapte à la personne. Il y a des connaissances, mais elles restent ouvertes à ce qui surgit dans la rencontre.
La psychanalyse n’est pas une réponse immédiate. Elle propose un chemin pour comprendre autrement ce qui nous arrive, retrouver une continuité intérieure, et devenir davantage sujet de sa propre histoire.
En pratique
Je reçois en psychothérapie et en psychanalyse au cabinet, à Montpellier, quartier Beaux-Arts, ou en ligne.
Séances de quarante-cinq à cinquante minutes, 60 €.
Cabinet 3 rue Belmont, 34090 Montpellier.