
Le cabinet est le lieu de la consultation, mais aussi un lieu de rencontre.
Une rencontre, ce phénomène rare et imprévisible, se présente comme une occasion qui nous fait trouver fortuitement quelqu’un, quelque chose, un lien, un sens.
La rencontre est l’acte d’aller vers quelqu’un qui vient. Est-ce ce que fait le psychothérapeute ?
Le psychothérapeute est là, disponible. Il se tient « à la bonne distance, possible destinataire d’une lettre sans adresse » (Jean Oury). On peut aussi appeler cela de la bienveillance, ou une écoute sans jugement.
Pourquoi sans adresse ?
Parce que le psychothérapeute n’est que le garant de ce cheminement, pour que la lettre puisse trouver sa véritable destination.
La psychothérapie, et la psychanalyse en particulier, visent la dimension de la rencontre : au début avec le psychothérapeute, mais au-delà, avec soi-même.

Pour parler de la souffrance…
Regarder des films en boucle, alterner l’attention, sentir l’angoisse s’accroître, respirer lourdement, étouffer…
Ressentir la tristesse profonde, balancer sur la lame du désespoir, avoir mal…
Être perdu dans ta vie, savoir au fond que cette vie ne te correspond en rien. Hésiter à rester ou partir chercher ses propres repères. Avoir peur de tout recommencer, de se tromper, de ne rien réussir et de tout perdre…
Te sentir responsable du bonheur de ton enfant, vouloir être clair avec lui, ne pas pouvoir dire la vérité. Te sentir coupable de ta tristesse, te sentir seul…
Vouloir prendre une pause avec tes parents, te sentir redevable, couper les liens avec ton conjoint…
Vouloir arrêter de souffrir…
Ne pas te faire confiance, te méfier, te sentir trahi… te sentir responsable de cette perte.
Ne pas pouvoir ne pas espérer. Être immobilisé de terreur. Douter de tout, surtout de toi… être fier de toi parfois… trouver des repères.
Ne pas abandonner. Espérer encore se sentir aimé et désiré. Trouver en soi les ressources pour donner aux autres.
Vouloir vivre… sourire, faire des bêtises, partager véritablement… plus…
Avoir aussi plaisir à la légèreté. Te revaloriser, parfois. Vouloir éprouver de la passion, parfois. Ne pas avoir peur d’être écrasé par les autres, parce qu’on ne s’aplatit que dans nos têtes…
Avoir peur de la rechute.
Éprouver le soulagement de pouvoir se pardonner… enfin…
Te sentir impatient de découvrir la vie, les autres, te sentir triste et vivre le deuil de la rupture intérieure, avoir peur d’être en retard, avoir peur de mourir… Vouloir arrêter d’avoir peur…
Se permettre les crises, les colères, les désamours. Espérer ne pas s’écrouler sous le poids des mots.
Peut-être survivre ? Peut-être revivre ?